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Le professionnel

La professionnalisation des activités en Occident de l'Antiquité à nos jours

Deuxième journée d'étude transdisciplinaire organisée par Juliette Sibon et Sandrine Victor au CUFR d'Albi, le 27 novembre, de 9h à 17h, auditorium 2, bâtiment multimédia.

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 Le métier « réglé », puis « juré », c’est-à-dire autonome et corporatif, ou encore la « confrérie professionnelle », institutionnalisent la qualité, la fonction et le statut de « professionnel » à partir Moyen Âge. Peu à peu, dans les sociétés de l’Europe méditerranéenne le métier – guild, ambacht, Zunft, gremio, arte –, devient un groupement professionnel reconnu par l’autorité publique et soumis à la réglementation collective.

Le professionnel dans la société peut être défini comme celui qui a acquis des compétences après une formation technique et/ou savante plus ou moins longue, dont le contenu et le déroulement est contrôlé par le groupe ; qui a été reçu dans la corporation après reconnaissance par ses pairs de sa qualification et de ses compétences à l’issue de sa formation ; qui exerce une activité régie par une organisation dont la réglementation est de plus en plus précise et la cohésion interne de plus en plus forte. Mais cette définition, et le processus de professionnalisation, en fonction des domaines, des époques, des aires géographiques ne manquent pas de soulever des questionnements.

La fonction de professionnel peut être valorisée au Moyen Âge, dans la mesure où elle s’attache à un statut prestigieux, à la hauteur du service rendu à la société. Par exemple, le professionnel peut être sollicité par les cours de justice en tant qu’expert. En effet, le développement des métiers, comme celui du recours à l’expertise, sont indissociables du processus de professionnalisation.

 

            La naissance et la formation des métiers peuvent être assimilés à la professionnalisation, d’abord dans le sens d’une dynamique, d’un processus d’institutionnalisation en évolution permanente. La professionnalisation n’est pas un état de fait : c’est un processus qui résulte de l’intention manifeste et de la stratégie d’un groupe d’instaurer le monopole de l’exercice d’une activité. Elle vise ainsi à établir des frontières de plus en plus étanches entre le « professionnel » et le « non professionnel ».

La professionnalisation peut aussi s’entendre, dans un second temps, comme une dynamique de perfectionnement, de renforcement des qualifications, de réinvention permanente des techniques et des méthodes en vue d’efficacité, d’un progrès qualitatif ou quantitatif, d’un accroissement du contrôle et du pouvoir. Ainsi, elle désigne un processus qui va de pair avec celui de la spécialisation.

 

La réflexion s’inscrira à la croisée de l’histoire économique et sociale, de l’histoire des savoirs et des techniques, mais aussi de l’histoire politique et juridique. Elle pourra s’étendre à la sociologie ou au droit.

On s’intéressera d’abord aux acteurs de la professionnalisation et, en particulier, à leurs stratégies (cf. le concept de « stratégie d’acteurs » de Crozier et Friedberg, 1977). Au-delà de leur formation et de leurs pratiques, on soulignera l’importance de leurs relations avec les pouvoirs, leurs jeux d’alliances, tacites ou formalisées.

La dynamique de la professionnalisation, à savoir ses rythmes, son intensité et ses formes, feront l’objet d’un autre axe de réflexion. Il conviendra d’envisager les étapes du processus, à travers la naissance d’un marché rémunéré, la reconnaissance officielle et statutaire, les formes d’organisation, de cohésion interne et de construction de pouvoirs (avec le contrôle de la formation, de l’entrée dans la profession et de la rémunération, et avec la mise en place de la hiérarchie). Dès lors, on s’attachera à la question des moteurs de la professionnalisation : causes, motivations, enjeux, mais aussi freins et obstacles.

Dans ce contexte, on pourra tenter d’analyser le passage du dilettante au spécialiste. Il s’agira alors de revenir à la question de la formation, des compétences techniques et savantes, de leur segmentation, ainsi qu’à la place du « spécialiste » dans la profession et dans la société en général.



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